Portrait d’Elodie, Entrepreneuse et Maman, Expat’ en Tanzanie ( Afrique)

Voici le portrait d’Elodie, une femme pétillante et pleine de douceur qui vous montre un autre visage de la « Femme d’expat ».

Finalement, peu importe le pays où l’on s’expatrie, on rencontre souvent les mêmes difficultés et nos ressentis sont semblables même si les objectifs sont différents. C’est tout l’intérêt de ses portraits.


Je vous laisse donc découvrir ce joli portrait, qui j’en suis sûre va en inspirer plus d’ une!

Pays et Ville d’origine : Suisse, Genève
Pays et ville d’accueil: Tanzanie, Dar Es Salaam
Type de Visa: Visa de Résidence

Peux tu te présenter en quelques lignes

Je m’appelle Elodie, j’ai 30 ans, suisse, mariée et maman d’une petite Victoire de 13 mois. Nous sommes partis vivre en Afrique suite à une opportunité professionelle de mon mari. J’y vis depuis maintenant un peu plus de 4 an. J’ai tout d’abord vécu en Côte d’Ivoire puis en Tanzanie où je vis actullement. Curieuse et passionnée de voyages, nous profitons de cette expérience unique pour voyager et faire découvrir le monde à notre petite fille.

Pourquoi es-tu expatriée? Volonté ou Fruit du hasard?

 Je dirais un peu des deux ! Après avoir vécu à NYC pendant un an dans le cadre de mes études, je n’avais qu’une envie: vivre à l’etranger. La suisse, c’est sympa mais quand on est jeune couple sans enfants on a envie d’autres choses. C’était donc pour moi une volonté de vivre une expérience à l’étranger pour découvrir une autre culture et m’ouvrir l’esprit. Mais l’Afrique pour le coup plutôt le fruit du hasard! Ce n’était pas dans la « liste de mes envies » en premier lieu mais quel challenge aussi et quelle belle expérience !

Mais mon mari travaillant pour une société de trading de matières premières, c’est cette société qui nous a envoyé vivre en Afrique. Donc on s’est dit « pourquoi pas, on verra bien » et puis c’était l’occasion de vivre ce qu’on voulait : sortir de sa zone de confort.

On a tout d’abord vécu 2 ans à Abidjan, vrai choc culturel pour nous, vous vous en doutez! Venant de Suisse, se retrouver dans une ville aux antipodes de la nôtre, il nous a fallu du temps pour réaliser où nous étions tombé et nous adapter n’a pas été chose facile.

Puis, ils nous ont envoyé ensuite à Dar Es Salaam , en Tanzanie, car un poste intéressant pour mon mari se libérait. Encore une autre expérience et une autre culture à apprivoiser. Deux expériences dans un même pays complètement différentes mais tellement enrichissantes!

Tu as donc vecu 2 expatriations, combien de temps pour t’intégrer à ces 2 « nouvelle vie »?

6 mois ? 1 an ? Est-ce que je me suis vraiment intégré à ma nouvelle vie ? Franchement c’est une question difficile.

Je dirai 1 an pour chacunes d’entres elles. Je pense que c’est le temps qu’il faut pour se sentir bien dans ses baskets dans un pays d’Afrique. Tout est tellement différent et ce à tous les niveaux !

Ca prend du temps de comprendre les locaux surtout. Il faut se rendre compte que nous avons un style de vie totalement différent et parfois c’est pas facile à intégrer.

Abidjan c’est une ville jeune et dynamique, énormément de start’up se développent, ça bouge en permanence et c’est stimulant. Dar Esalam, c’est anglophone, encore autre état d’esprit, c’est très familiale, très communautaire comparé à Abidjan. Et puis entre temps on a eu un bébé et l’expérience a été aussi différente du coup.

Un conseil ? Se renseigner sur les associations car ça peut vraiment être un coup de pouce pour se sociabiliser et mieux s’integrer. Je n’ai pas pris le temps de le faire et sûrement que cela aurait été plus simple.  Donc renseignez-vous bien sur les différentes associations qu’il peut y avoir dans votre « nouveau pays, ville »

Une anedocte ? J’ai eu pour ma part énormément de mal à supporter le retard des gens… et quand je parle de retard je parle du plombier qui te dit qu’il est en route mais arrive 8h30 plus tard chez toi… c’est monnaie courante ici 😉 lol ( je rigole en écrivant ces phrases)

Tu faisais quoi avant de quitter ton pays ? Ce que tu fais maintenant? Et Comment as- tu fait pour trouver un emploi?

Quand je vivais à Genève je travaillais dans le domaine de l’horlogerie de luxe. C’était donc compliqué pour moi de rester dans le même domaine en déménageant en Côte d’Ivoire.

Par chance j’ai trouvé un job dans une boutique de luxe mais mon expérience s’est très mal passée donc j’ai finalement démissionné après quelques mois.

Je me suis donc lancée dans une toute nouvelle aventure : L’entreprenariat.

J’ai décidé de rejoindre des amis suisses (basés eux aussi à Abidjan) sur un projet de laveries automatiques pour les classes populaires. J’ai pris la direction du projet jusqu’à mon départ pour la Tanzanie. En deux ans, nous avons ouvert plus de 15 magasins dans toute la ville et engagé une cinquantaine de personnes. Une expérience de dingue!

Quand je suis arrivée en Tanzanie, le projet était de développer les laveries ici aussi mais j’ai réalisé qu’il était très compliqué et couteux d’ouvrir une société ici. J’ai donc abandonné le projet après 1 mois.

J’ai essayé de chercher un travail via des contacts mais je n’ai malheureusement rien trouvé. J’ai aussi très vite compris que toutes les « femmes d’expat » ne travaillaient pas et restaient à la maison pour s’occuper des enfants.

Je n’étais pas encore enceinte à ce moment mais nous avons décidé de se lancer nous aussi dans cette aventure. C’était le bon moment pour moi !  Comme quoi les choses n’arrivent jamais par hasard 😉

Et ton niveau d’English on en parle ? Es- tu bilingue ? D’ailleurs ton expression favorite de ton pays/ville d’accueil?

Oui je suis parfaitement bilingue. En Côte d’Ivoire on parlait français mais en Tanzanie on parle anglais et « swahili »

Mais très franchement pour moi cela a été assez facile car je partais déjà avec un bon niveau d’anglais. J’ai essayé d’apprendre le langue locale aussi.

D’ailleurs, je vous conseil de télécharger des applications. Ça aide beaucoup ( en tout cas pour moi) et puis surtout OSER, n’ayez pas honte !

Surtout quand on reste avec des français, ça aide pas forcément à améliorer son anglais donc faut vraiment se donner les moyens.

Mon expression préférée : Hakuna Matata qui veut dire pas de problèmes en swahili

La chose la plus difficile en tant que ‘Femme d’expat ‘? Le chose la plus positive ? 

Pour être honnête, je n’aime pas cette expression « Femme d’Expat  » qui a selon moi une connation tellement négative dans la société actuelle!  Les gens ont cette image en tête de la femme qui se la coule douce au bord de sa piscine, qui bosse pas, qui passe son temps à aller faire des courses, du yoga, qui élève ses enfants et qui souvent bénéficie de tous les avantages qui vont avec. Cettte vision est totalement biaisée et fausse d’ailleurs et ça peu de gens le comprennent et c’est dommage!

En realité, c’est une position hyper difficile et c’est pas forcément aussi facile à vivre  que les gens le pensent. On se sent souvent très seule dans cette vie « dorée » et puis je vous assure qu’on travaille aussi, différemment certes mais la tâche est loin d’être évidente.

Et n’oublions pas qu’en tant qu’expat’ vous rajoutez le  fait d’être loin de ses amis et de sa famille. Je suis à un âge ou mes amies se marient, deviennent maman,… et je ne suis pas toujours présente pour ces évènements. Donc pas forcément facile à gérer mais on y arrive avec le temps et les relations deviennent plus vraies et sincères je crois.

Mais au final quelle expérience! Le fait d’avoir « deux vies » totalement séparées c’est assez grisant pour moi. Quand j’arrive à Genève la Tanzanie me paraît si loin… et c’est pareil quand je suis ici à Dar Es Salaam. C’est chouette!

Quelle est la chose que tu préfères faire pour te sentir bien dans ton rôle de femme, maman et working girl?

J’aime compartimenter tous ses rôles pour me sentir bien et équilibrée dans ma vie de tous les jours. De faire la séparation entre mon rôle de maman, de femme et de working girl me permet d’être alignée avec moi même.

J’aime être active, c’est quelque chose dont j’ai réellement besoin pour être heureuse. Le voyage fait ainsi clairement partie de mon équilibre car j’ai besoin d’évasion pour me retrouver et partager des moments en famille. Mais avoir une routine quotidienne est super important aussi car elle me permets de me poser, de profiter des choses simples de la vie et il ne faut pas la négliger.

Et puisque je ne travaille plus, j’ai la chance de passer tout mon temps avec ma fille. Mais je donne un point d’honneur à m’accorder aussi du temps pour moi comme aller travailler dans  un café, faire du yoga, du paddle, aller marcher avec mon mari le soir et se raconter nos journées.

Et puis je travaille actuellement sur un projet personnel d’entreprenariat ( encore) qui me permets de m’épanouir en parallèle.

 Quel(s )conseil(s) pourrais-tu donner à une autre « Femme d’Expat  » qui veut se lancer dans l’entreprenariat?

Que c’est le meilleure moment pour le faire et aussi de se réaliser en tant que Femme et pas seulement « Femme de ».

Nous sommes déjà hors de notre zone de confort alors pourquoi pas aller plus loin ? Et puis, il ne  faut pas vivre avec des regrets, non?

Donc foncez et ré-inventez vous professionnellement, vous avez le temps de le faire, ça serait dommage de pas en profiter !

Selon toi, est-ce qu’il y a une différence entre une la « Femme d’expat » que tu es et la Femme que tu es aujourd’hui ?

Clairement oui ! Je suis pas la même personne quand je suis en Suisse avec mes amis et en Afrique. Disons qu’ici en Tanzanie, j’assume pleinement mon rôle de femme d’expat alors qu’en Suisse beaucoup moins, je suis plus génée. Mais parce qu’encore une fois, l’image n’est pas bonne.

Ma vie en Afrique c’est une « bulle », c’est bizarre de dire ça mais c’est pas vraiment la « vraie vie ». Mais autant j’aime les deux facettes de la femme que je suis mais c’est vrai que selon l’environnement où je suis , je ne suis pas la même femme.

Qu’est ce qu’il t’as manqué comme informations en arrivant dans ton nouveau pays/ville d’acceuil?

Je m’étais bien renseignée en amont donc je n’étais pas vraiment en manque d’infos. Mais lorqu’on le vit vraiment c’est pas la même chose même avec une bonne « préparation ». Le truc c’est qu’il faut juste le garder dans un coin de sa tête. On comprend et on apprend quand on est sur le terrain mais c’est comme tout 😉

Même si tu penses être le mieux préparée possible, la réalité reprend souvent le dessus et tu te heurtes à des difficultés que tu n’aurais pas imaginées. Mais pour le coup c’est aussi ça qui est enrichissant au final.

Abidjan : Je ne pensais pas que vivre à Abidjan pouvait être si « éprouvant physiquement ». C’est une ville très dure, très polluée et très stressante. Je suis d’ailleurs tombée malade à cause de tout ce stress. La façon de conduire par exemple, même si je m’y suis préparée dans la réalité c’était pire 😉 mais ça fait partie du jeu.

Pour Dar Es Salaamm ca a été ainsi plus simple. J’ai appris de mes « erreurs » comme on dit. Je crois que ma première expérience à Abidjan m’a beaucoup aidé.

Si demain on te dit « on recommence » , tu changerais quoi?

Rien 😉 ou presque

Abidjan : Je prendrai un appartement avec générateur et château d’eau lol. Car vivre sans électricité et ou lors des coupures c’est un enfer… surtout quand ca dure plus de 24h et qu’il fait 35 degrés à l’extérieur c’est compliqué mais on apprend à vivre différemment.

Mais effectivement ce n’est qu’un détail.

Mais ca a été une grande leçon de vie pour moi, j’ai donc un générateur et un château d’eau dans mon appartement en Tanzanie 😉

Qu’est ce que t’apporte l’expatriation ?

Une nouvelle MOI!

Je suis beaucoup plus ouverte d’esprit! J’ai remis « l’eglise au milieu du village ;- » .Je suis plus recentrée sur le sens de que je donne à ma vie et finalement c’est ce que je venais chercher aussi.

En europe, on est dans une spirale de comsommation, voir de sur-consommation. Quand je rentre en Suisse, d’ailleurs je suis prise de boulimie d’achat et ça en devient même ridicule. Car dans ma vie en Afrique, j’ai pas besoin de grand chose au final. Juste se rendre compte que je n’ai pas besoin de cette société de consommation excessive pour être heureuse.

J’ai appris à devenir Maman, d’être une femme mariée alors même si c’est pas tous les jours facile d’être expat comme je l’ai dit plus haut.

Instagram n’est pas la vraie vie hein et les gens ne voit pas plus loin que le bout de leur nez. Et finalement se retrouver à vivre en plein coeur de la nature me fait relativiser beaucoup de choses.

On va d’ailleurs déménager à Cap Town prochainement qui, sera je pense une jolie transition après ces 2 expériences si jamais on doit rentrer en Europe. Donc affaire à suivre 😉

Si tu devais donner UN SEUL ET UNIQUE conseil pour ceux qui ont envie de tenter l’aventure?

Mon conseil serait de se lancer.

Je sais que cela peut paraître terrifiant et franchement ça l’est parfois. Mais c’est une magnifique aventure qu’il faut vivre une fois dans sa vie.

Ton leitmotiv de tous les jours en une citation?

« The more you think is possible, the more is actually possible »

Merci Elodie pour ce bel interview. J’ai pris beaucoup de plaisir à échanger avec toi et j’avais l’impression de m’entendre. On ne vit pas dans le même pays mais on ressent les mêmes choses. Tu m’as beaucoup touchée par ta sincerité et ta transparence. Continue de nous faire rêver avec tes voyages et pleins de belles choses dans ton nouveau projet qui ,je suis sure va t’apporter encore pleins de belles choses.

Un bel exemple de femme expatriée inspirant et qui montre que la place de la « Femme d’expat' » n’est pas si évidente. Mais que tout est possible !

Faites-vous confiance et foncez c’est le moment où jamais  😉

N’hésitez pas à la suivre sur Instagram ou elle y partage des photos incroyables et son quotidient!

Instagram: @elodie.1788

Publié par

Mummy Parisienne et fashion expatriée récemment à Miami. Gourmande, bonne vivante et spontannée, j’adore découvrir et partager des bons plans. Ma devise " Souris à la vie, elle te le rendra". La quête du bonheur ne vous tombe pas du ciel, elle se cultive !

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