Portrait de Marie, Expat’ au Viet Nam, « mum of 2 » et entrepreneuse dans la communication

Voici le portrait de Marie, aventurière-globe-totteuse avec le goût du challenge. Elle est aussi mon homologue expat’ qui a écris le guide « Hong Kong L’essentiel ». L’expatriation, elle connait bien puisqu’elle en est à sa 4ème ! Elle a du coup une vision plutôt « mature » sur le sujet et cela pourra sûrement aussi vous conforter et vous rassurer sur votre projet. Partager tous ces portraits différents c’est aussi vous montrer que tout est possible!

Pays et Ville d’origine: Carpentras, France
Pays et ville d’accueil : Ho Chi Minh, Vietnam
Type de Visa: Visa dépendant

Peux tu te présenter en quelques lignes

Je m’appelle Marie, j’ai 30 ans. J’ai quitté le sud de la France il y a maintenant plus de douze ans pour partir à l’aventure, tout d’abord pour faire mes études en Belgique, puis j’ai visé un peu plus loin… J’ai le bonheur de vivre avec une petite tribu constituée de mon mari et notre petit Noah, globe-trotter de bientôt deux ans avec qui nous adorons découvrir le monde et de sa petite sœur prévue pour l’automne !

Pourquoi es-tu expatriée? Quand au choix du pays,
Volonté ou fruit du hasard?

Alors je  dirais les 2 !

Nous sommes partis en 2013 suite à une opportunité professionnelle pour mon mari dans une compagnie locale en Indonésie.

Je revenais alors de six mois sur les routes de Nouvelle-Zélande, je ne demandais que ça de repartir donc forcément c’était un choix de vie et une volonté.

Mais pour être tout à fait honnête, jusque là ce sont les opportunités professionnelles qui ont guidé notre parcours. Nous ne sommes à la base pas très adeptes des grandes villes.

On est tombé amoureux de la Nouvelle-Zélande, donc forcément, on ne rêvait pas de vivre à Hong Kong. Ça ne va pas ensemble !

La carrière de mon mari nous a forcé à sortir de notre zone de confort et surtout à nous ouvrir l’esprit ! On a découvert la campagne hongkongaise et on y a créé notre petit coin de paradis.

Nous avons vécu une petite année à Jakarta, où le choc des cultures a été rude malgré les voyages extraordinaires qu’on a eu l’opportunité de faire dans le pays.

Puis en 2014, le lendemain de notre mariage, nous nous sommes envolés pour Hong Kong, où nous sommes restés 5 ans et demi. Une experience incroyable!

Nous vivons désormais au Vietnam, pour une période indéfinie. Une chose est sûre, nous resterons jusque l’hiver… le temps que j’accouche de notre petite dernière ! La famille s’agrandit. Ensuite ? Profiter de cette expatriation pour explorer le Vietnam et l’Asie du Sud Est, puis on verra ce que l’avenir nous réserve !

Un pays ou ville ou tu te verrais bien vivre?

La Nouvelle-Zélande restera toujours dans un coin de nos têtes, un rêve, peut-être un jour un projet. Le Japon, aussi. On aimerait pouvoir y passer quelques années pour s’imprégner de la culture et découvrir la richesse de ses paysages (et skier dans la poudreuse à outrance!). L’hiver dernier, nous avons eu un gros coup de cœur pour le Portugal, également.

Des rêves, on n’en manque pas! Nous n’avons pas de « blacklist », justement parce que la vie nous a prouvé que les choses se passaient rarement comme prévu. Et qu’il ne faut jamais dire jamais !

Combien de temps pour t’intégrer à ta nouvelle vie?

Il m’a fallu plus de deux ans pour m’épanouir pleinement et trouver mon équilibre a Hong Kong. Me construire professionnellement, et aussi construire notre nid, avec des amis, des habitudes, des repères.

Aujourd’hui à Ho Chi Minh on reprend tout à zéro, mais avec notre expérience, on sait où on va, les choses se font naturellement et plus rapidement bien que tout soit aussi différent. On a appris de nos erreurs et on avance plus sereinement.

Et ton petit globe-trotteur dans tout ça? Comment s’est-il intégré? Est-il bilingue? Ecole française? Système de garde?

Noah est né à Hong Kong, il a grandit les pieds dans le sable et il a fait ses premiers rooftops à l’âge de… 15 jours ! Il est né dans la chaleur et l’humidité, donc il a l’habitude, il n’y a pas eu d’ajustement à faire.

À HK, il n’y a pas de crèche ou de garderie. Il y a des « playgroups », où tu paies pour une heure et tu restes avec le petit pour faire des activités avec un groupe de copains et une animatrice. Oui, j’ai fais la ronde en chantant Baby Shark une paire de fois, entre deux contrats… Top pour son éveil, moins pour ton porte-monnaie, et surtout ça ne libérait pas de temps pour soi.

La solution, c’est d’avoir une « helper » ( sorte de super nanny) à temps plein, qui gère le petit. Tu dois alors t’occuper de son visa (elle vient la plupart du temps des Philippines ou d’Indonésie) et la loger chez toi. On ne se voyait pas avoir quelqu’un chez nous, nous avons donc jonglé avec les baby-sitters, mais globalement, c’est moi qui ai géré le petit pendant 18 mois. Tout en travaillant en temps que freelance.

Pour ce qui est de l’anglais, il l’a compris très tôt, comme le français. Naturellement. Il y a d’ailleurs quelques mots qu’il connait dans une langue et pas dans l’autre. Ses amis à Hong Kong étaient tous étrangers. C’est un bonheur de le voir évoluer dans un univers si cosmopolite !

Au Vietnam, il y a un choix incroyable en terme de système de garde qui facilite les choses.J’ai (re)découvert le concept d’avoir du temps pour soi. De laisser son petit le matin pour le récupérer le soir. Ne vous méprenez pas, je ne peux pas me passer de lui, c’est mon petit chou. Mais 18 mois non-stop. DIX HUIT MOIS!!!!

Et Tu faisais quoi avant de quitter la France? Que fais-tu maintenant?

J’étais conceptrice-rédactrice dans une grosse boîte de pub à Paris.

Mais suite à mon experience de 6 mois en en Nouvelle-Zelande parsemée de voyages et
de liberté absolue, j’ai vite compris que je ne pourrais plus reprendre ma vie telle que je l’avais laissée.

Je me suis mise très naturellement à mon compte, en freelance.

Trois mois plus tard, mon homme avait décroché un poste à Jakarta. Je l’ai suivi en emportant dans mon sac ma créativité et mes clients. J’ai maintenant des clients en France, et aussi ailleurs à travers le globe.

Il m’a fallu une grosse année avant d’avoir un portefeuille de clients et des revenus réguliers (et avant d’arrêter de paniquer quand j’ai un mois trop calme alors que je sais très bien que le mois prochain rattrapera le comble).

Vivre en Indonésie où le coût de la vie était si bas, c’était l’idéal pour me lancer. Et je bosse principalement par e-mails et « conf. calls ». C’est efficace, je gère mon temps, et le décalage horaire joue toujours en ma faveur : je suis en avance de 5h, donc toujours matinale pour l’Europe ! 

Question organisation, pareil, ça a pris du temps. Les trois premières années étaient très riches en networking, maintenant, les contacts viennent organiquement, le bouche-à-oreille fait son chemin.

J’ai appris à optimiser chaque minute durant mon année et demi freelance / maman à temps plein. Je bossais pendant les siestes et le soir dès le coucher. Ça m’a formé !

Travailler à mon compte est une chance incroyable, qui nous permet de rester flexible en terme de voyages et de rendre nos déménagements plus simples.

Un conseil a donné pour se reconstuire professionnellement ?

Je rencontre beaucoup de gens qui rêvent du statut de « digital nomade » et qui me demande la recette secrète, ou bien qui souhaiteraient devenir freelance pour pouvoir bosser quand ils veulent.

Ce n’est pas aussi simple, il faut être passionné, ne pas avoir peur de faire des nuits blanches, de rater des événements parce qu’on a un projet à boucler, de bosser le jour de Noël…

C’est parfois le prix à payer pour passer son lundi matin les pieds en éventail. Il faut de la motivation et beaucoup de persévérance. J’ai la chance d’être passionnée par mon métier. Je pense que c’est le nerf de la guerre.

Trouver d’abord votre passion. En faire votre boulot ensuite.

Et ton niveau d’English on en parle ? Es- tu bilingue ? D’ailleurs ton expression favorite de ton pays/ville d’accueil?

J’ai commencé à voyager pour perfectionner mon anglais. Je suis donc partie seule, et j’ai logé chez l’habitant pendant six mois. Je me souviens des premiers dîners à hocher de la tête en souriant sans rien comprendre. Ensuite, c’est venu naturellement.

À Hong Kong, j’ai voulu prendre des cours au British Council. Le prof qui m’a passé l’entretien m’a dit « pourquoi prendre des cours? Votre niveau est très bien. Pour ce qui est de la fluidité et de l’accent, tout ce qu’il vous faut, c’est des amis British! »

J’ai suivi son conseil, et mon niveau d’anglais s’est boosté autour d’happy hours et de « beach parties » entre potes. Puis j’ai commencé mon blog de voyagewww.milesofhappiness.com entièrement rédigé en anglais, ce qui m’a beaucoup aidé également.

Mon expression favorite ?

Je suis au Vietnam depuis peu, donc je ne connais pas grand choses à part bonjour et merci… Alors disons “xin chào” ! (Bonjour)

La chose la plus difficile dans  l’expatriation ? Le chose la plus positive ?

La chose la plus difficile c’est cette constante remise en question.

Le fait de ne pas vivre dans son pays, on se demande toujours : est-ce qu’on devrait partir pour une nouvelle aventure ? Quand ? Qu’est-ce qu’on veut au juste ?

Ça rend nos familles et amis complètement fous, on passe notre temps à changer d’avis -on reste à Hong Kong deux ans de plus ! Non, on va vivre au Portugal ! Si on plaquait tout pour la Nouvelle-Zélande ? On a un boulot au Vietnam ! Tiens, et le Japon… Pour être honnête, même nous on s’y perd un peu. 

La chose la plus positive, c’est la richesse de chaque instant ! En 10 ans tu vis 10 vies différentes.

Ton quotidien est rythmé de challenges, tu te sens grandir, tu as l’impression que tout est possible… C’est grisant ! 

Et la chose la plus difficile en tant que ‘Femme d’Expat ‘?

Les clichés !

On n’est plus une personne mais on devient l’ombre de notre conjoint. J’ai eu beaucoup de mal avec ça au début, j’étais au tout début de ma carrière, pleine d’énergie, et il a fallu me battre pour ne pas être rangée dans la case « femme d’expat / Desperate Housewife ». Aujourd’hui, les clichés me font marrer plus qu’autre chose d’ailleurs j’ai ecris un article sur le sujet. Et aujourd’hui j’ai appris à en jouer beaucoup 😉 Faire des ses faiblesses, ses plus grandes forces !

Autre chose difficile, c’est de suivre.

De ne pas être maître du jeu. Bien sûr, on débat de nos expatriations ensemble, mais ce n’est pas moi qui passe les entretiens, je peux difficilement participer pour pousser les choses et décrocher LE contrat. 

Quelle est la chose que tu préfères faire pour te sentir équilibrée dans ton rôle de femme, maman et working girl? Un conseil à donné?

Pouvoir concilier dans ma journée de beaux projets pros, une expérience bien-être rien qu’à moi (je tombe tout droit dans le cliché si je vous parle de yoga?) et de bons moments en famille.

Aussi, j’ai un mantra : un kiff par jour.

Peu importe qu’il s’agisse d’un jus de fruit pressé le matin ou d’un tour photo en ville, je m’accorde un plaisir quotidien. Sinon, tu as vite fait de t’oublier !

Selon toi, est-ce qu’il y a une différence entre la « Femme d’Expat’ » que tu es aujourd’hui et la Femme que tu était avant de partir?

Oula, oui, je suis partie à 21 ans! Fraîchement diplômée, je plaquais tout pour partir à l’aventure, en solitaire. L’idée était de vivre mes rêves plutôt que de rêver en buvant les paroles de voyageurs sur le retour.

Aujourd’hui, avec tout ce que nous avons vécu, j’ai repoussé mes limites, je me dis que rien n’est impossible.

Quand on parle de faire le tour du monde en voilier « pour rigoler », je sais que si un jour l’envie nous prend vraiment et si on en fait notre priorité, alors oui, on pourrait.

J’ai aussi appris la patience… Même si mon entourage vous dira le contraire ! 🙂

Si demain on te dit « on recommence », tu changerais quoi?

Rien. Je n’ai aucun regret.

Et si on a fait des erreurs de parcours, c’est elles mêmes qui nous ont mené là. 

Qu’est ce que t’apporte l’expatriation?

 Des rencontres avant tout.

Des amis de cultures différentes, une grande ouverture d’esprit, des aventures exceptionnelles. Notre vie a pris une toute autre dimension !

Aussi, avoir des amis venant de parts et d’autres de la planète t’apporte une richesse incroyable. Sur des sujets tels que l’éducation, la grossesse, l’alimentation, on parle de choses qui font débat en France. « Tu n’accouches pas en France, mais c’est l’ASIE!! » (oui, j’ai accouché dans une rizière entourée de serpents venimeux).

Ce genre de discours qui sous-entend que la seule « bonne » façon de faire les choses serait celle que « tout le monde » (tout le monde = la France) fait ne me manque pas. 

Si tu devais donner UN SEUL ET UNIQUE conseil pour ceux qui ont envie de tenter l’aventure?

Fonce et vas-y pour toi.

Il y aura des embûches, ce ne sera pas rose tous les jours, mais ça vaut le coup. Alors, prend-le, ce billet d’avion.

Et a ton avis, quels sont les 3 choses essentielles à mettre dans sa valise quand on s’expatrie?

Je ne suis pas très matérialiste et j’ai tendance à virer minimaliste mais je dirais un guide de voyage sympa pour vous mettre l’eau à la bouche, un permis de conduire international tout neuf (selon votre destination, ça peut être bien utile) et une bonne dose de curiosité.

Ton leitmotiv de tous les jours en une citation?

Si c’était facile tout le monde le ferait !

Merci Marie d’avoir répondu à ces questions. Que ce soit à Honk Kong, Miami ou en Afrique, on vit toutes des choses différentes mais nos sentiments sont souvent similaires. Tu nous prouves que même en étant à son compte en France, il est possible de s’adapter et de developper son business à l’autre bout du monde! Bravo pour tout ça ! N’hésitez pas a la suivre sur les reseaux et d’aller consulter son blog, on adore son auto-dérision 😉

Son blog: www.milesofhappiness.com
A
uteur du Guide Hong Kong L’essentiel

Instagram: http://instagram.com/milesofhappines

Publié par

Mummy Parisienne et fashion expatriée récemment à Miami. Gourmande, bonne vivante et spontannée, j’adore découvrir et partager des bons plans. Ma devise " Souris à la vie, elle te le rendra". La quête du bonheur ne vous tombe pas du ciel, elle se cultive !

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