Portrait d’Elodie, petit bout de femme passionnée, photographe et entrepreneuse, Expat’ à Montréal depuis 5 ans

Voici le joli portrait d’Elodie,qui vit dans le froid de Montréal depuis 5 ans et qui a fait son petit bout de chemin. Aujour’dhui grace à sa volonté et sa tenacité elle vit de sa passion. Un bel exemple de réussite, Elodie, nous montre que l’expatriation lui a donner des ailes pour devenir qui elle est et ce qu’elle avait envie d’être. Sortir de sa zone de confort et se lancer quand on a l’envie c’est possible, il suffit de saisir les opportunités qui se présente à vous !

Pays et Ville d’origine : France – Le Havre (Normandie)
Pays et ville d’accueil: Canada – Montréal
Type de Visa: Résidence permanente (équivalent Green Card aux USA)

Peux-tu te présenter en quelques lignes

Je suis ELodie, j’ai 31 ans et originaire du Havre en Normandie. Je suis graphiste et photographe. Depuis peu j’ai créé mon entreprise avec mon conjoint en rapport avec l’entraînement en course à pied. J’organise aussi des photowalks depuis 2 ans pour faire découvrir Montréal aux habitants et aux touristes. J’adore voyager, surtout en Amérique Latine.

Depuis combien de temps es-tu expatriée au Canada? Quelles sont les raisons qui vous ont poussées a partir?

Je suis expatriée depuis octobre 2014, nous vivions en grande banlieue parisienne (Rambouillet) et je connaissais ce qu’on appelle l’horrible métro/boulot/dodo (3h de transport par jours minumum).

On a eu comme un déclic, on avait 25 ans, et on ne se voyait pas continuer comme cela plus longtemps. On avait besoin de voir autre chose.

Une amie m’avait parlé des visas « PVT », on s’est inscrit et puis 8 mois plus tard nous étions dans l’avion pour Montréal, sans jamais être allés là-bas, sans connaître personne. On a tout vendu, démissionné, et on est arrivé avec nos 2 valises et un airbnb d’une semaine comme seule première bouée.

Combien de temps il t’as fallu pour t’intégrer à ta nouvelle vie?

 Je pense qu’il nous a fallu une bonne année pour nous adapter et nous intégrer complètement.

En tout cas pour moi car au début je n’avais pas de visa de travail, quand j’en ai eu un je n’ai pas trouvé de travail stable rapidement.

Il a aussi fallu s’adapter au climat, qui, l’hiver où nous sommes arrivés, ne nous a pas fait de cadeau! Une moyenne de -20 pendant 20 jours consécutifs en février.

Mais c’était nos débuts, on était heureux de vivre et découvrir cela!

Une fois que j’ai trouvé un travail « stable » dans mon domaine, mes collègues m’ont vraiment intégrée et je me suis sentie petit à petit québécoise, je ressentais cette fierté de vivre au Canada !

Ce que tu faisais avant de partir? Ce que tu fais maintenant à Montréal?

En France je travaillais dans une petite agence de communication comme graphiste. À Montréal j’ai eu la chance de retrouver le même type d’emploi avec à peu près le même salaire si on compare le coût de la vie.

J’étais graphiste et responsable des médias sociaux d’une grande fondation hospitalière. Ce travail m’a vraiment ouvert les portes du monde du travail à Montréal.

Aujourd’hui je suis à mon compte depuis 2 ans comme graphiste et photographe.

Tous mes contacts viennent de ce réseau que j’ai construit : mes anciennes collègues, du bouche à oreille etc. Le réseau à Montréal est essentiel, beaucoup plus qu’en France! Il faut vraiment y faire attention, l’entretenir, le choyer. C’est grâce à lui que je vis aujourd’hui !

J’ai aussi développer mon réseau en organisant des balades photo dans Montréal, petit à petit je me suis créé un réseau de partenaires (arrondissements, ville de Montréal, entreprises). Je travaille par exemple avec le Mont Royal, on propose des balades photos pour découvrir la Montagne différemment à travers son appareil photo.

Et j’aide mon mari a developper sa societe qui est une plateforme d’entrainement de course à pied. Je l’aide dans toute la partie photos/reseaux sociaux.

Quelle est la chose la plus difficile à faire pour se lancer dans l’entrepreunariat en tant qu’expat ? Quels conseils pourrais tu donner ? 

En tant qu’expat le plus compliqué pour se lancer seule c’est de se construire un réseau professionnel mais aussi de gérer son temps. Je proscastine pas mal 😉

Au Québec ou dans une nouvelle ville d’ailleurs je pense que c’est pareil, il faut se faire connaître, tisser des liens professionnels avec les bonnes personnes… Le seul soucis qui pourrait y avoir c’est qu’en tant qu’étranger les gens peuvent plus se méfier, demander plus de références… mais on est 150K français à Montréal donc les québécois ont l’habitude de travailler avec nous!

Pour trouver du travail on peut se heurter au problème du bilinguisme qui est fortement recommandé ici si on veut des postes à responsabilité, c’est quasiment obligatoire.

Le Québec est entouré des USA et du reste du Canada anglophone, c’est donc essentiel de connaître cette langue pour pouvoir travailler avec ses homologues. Mais pour les postes moins importants comme graphiste pour moi, j’ai réussi à trouver quand même sans l’anglais (même beaucoup de refus pour cette raison).

Le fait d’être expatrié nous a peut-être simplement donné « le courage » de se lancer dans cette nouvelle aventure. On avait tout quitter pour le Canada, pourquoi ne pas recommencer et se lancer à notre compte?

« BEST DECISION EVER »

Un conseil?

Pour la photo ?

Etre toujours au courant des évènements qui pourraient déboucher sur des contrats, faire partie de groupes Facebook de Photo/Freelance de Montréal, il y a souvent des contrats qui passent sur ce type de groupe, c’est vraiment du bouche à oreille.

Pour mes évènements de photowalks ?

Tisser des liens pros pour avoir des partenariats intéressants. J’ai réussi à trouver un contact pour l’accompagner au salon professionnel du Tourisme organisé par la ville de Montréal. La meilleure occasion de rencontrer de potentiels partenariats.

Mon atout est vraiment que je suis sociable et mon carnet d’adresse se remplie ainsi assez vite!

Travailler avec son mari quand on est expatriée facile ou difficile? 

Travailler avec mon conjoint m’effrayait car on a toujours été un couple indépendant. Chacun a des passions différentes, des horaires différents… et j’avais peur que, du jour au lendemain, être sous le même toit H24 serait nocif pour nous.

Et finalement PAS DU TOUT! On a trouvé notre rythme. Cela fait maintenant 2 ans et demi qu’on bosse ensemble sur son site internet et sa chaine Youtube.

On est très complémentaire et c’est ce qui fait notre force je pense.

Récemment on a également créé notre entreprise avec 2 autres associés, et toujours pas de nuages à l’horizon! Finger Crossed comme on dit 😉

Et ton niveau d’english on en parle ? Es- tu bilingue ?

Je ne suis pas bilingue loin de là, Montréal est une ville francophone, la langue française est d’ailleurs protégée par la loi 101 (tout est traduit au Québec, les noms de films, les étiquettes de produits importés…).

La ville a quand même un historique anglo-saxon donc beaucoup de québécois sont bilingues.

Ton expression favorite à Montréal ?

Mange la maaaaaarde!!!! (un automobiliste bien énervé) ;-))

Quelle est la chose la plus difficile selon toi en tant que femme expatrieE ? Et la plus facile ? 

Pas de soucis dans mon cas en tant que FEMME. Je dirai juste qu’au Québec l’égalité ce fait beaucoup plus sentir. Et surtout il n’y a pas de jugement sur ton apparence, ta religion, ta coupe de cheveux, si tu es à la mode…

On se sent vraiment décomplexé de tout et ça fait un bien fou!

Est ce que la femme que tu étais avant de t’expatrier est là même que celle d’aujourd’hui? Qu’est ce qui a changé ? 

Alors je ne suis clairement pas la même personne qu’en France. Je rêvais d’un 9 à 5 pépère 9 (traduction 9h-17h ;-)) sans contraintes de responsabilités.

Aujourd’hui je gère mon activité de graphiste/photographe, j’organise mes photowalks de A à Z, je fais de la gestion de projet, je collabore avec des partenaires importants de la ville de Montréal, j’ai créé ma société avec mon compagnon dans le domaine de la course à pied.

Bref j’en passe mais je pense qu’on m’aurait dit que je ferai cela il y a 5 ans je n’y aurai pas cru. J’aurai été terrorisée je pense même!

Je ne sais pas si c’est le fait d’avoir quitter ma terre natale qui m’a fait pousser des ailes, ou si Montréal a une aura particulière.

En tout cas une chose est sûre le Québec est un très bon endroit pour créer! Confiance et bienveillance sont des mots qui qualifient bien Montréal!

Quelles sont les 3 choses essentielles à ne pas oublier dans sa valise pour vivre à Montreal?

De l’eau pour mettre dans son vin;-)

Lorsque l’on vient dans un nouveau pays, certes francophone mais avec une culture et des règles différentes, il faut éviter de tout comparer à la France.

C’est tentant et tout le monde le fait au début, mais c’est aussi très négatif pour le pays accueillant, et ça empêche je pense de s’intégrer correctement. Ça m’irrite souvent d’entendre de nouveaux arrivants critiquer ouvertement l’accent, la façon de conduire, d’éduquer… certes tout n’est pas parfait !

Mais l’expatriation c’est aussi se confronter aux différences. Ouvrir son esprit est une bonne façon de réussir à s’intégrer.

Un grand panier

Pour y mettre toute la générosité des québécois, je n’ai jamais reçu autant de confiance qu’ici.

On donne la chance aux gens, quelque soit leur origine, couleur, sexe, etc. On donne le droit de se tromper, de recommencer.

La tolérance et le respect sont de grandes valeurs au Québec.

Je n’ai pas peur de laisser mon ordinateur sur une table de café pour aller au WC, on laisse nos manteaux aux porte-manteaux à l’entrée du restaurant sans peur de se faire voler, on fait la file d’attente pour prendre le bus … le respect des choses et des gens est une chose que j’apprécie profondément ici !

Et de bonnes chaussures 😉 !

Le Québec est immense, le Canada encore plus, et il vous faudra de bonnes chaussures de marche afin d’arpenter les milliers de km de randos qu’offre ce magnifique pays !

Qu’est ce que t’apporte cette expérience au quotidien? 

Grâce à cette expatriation et surtout au pays dans lequel je suis, j’ose beaucoup plus les choses. Je suis moins gênée de demander, de tester.

J’ai sauté dans le vide il y a 5 ans en venant au Canada, je me dis que tout est possible et qu’on peut tout essayer. Au pire on se rate… et puis?

On recommence en apprenant de nos erreurs voilà tout. Je parais très optimiste alors qu’en vrai je suis une personne pessimiste.

Je pense que l’expatriation m’a aidé à voir les choses plus positivement.

Et en tant que femme ? 

L’expatriation m’apporte un peu plus de confiance en moi, même si c’est toujours un peu compliqué 😉

J’essaye de me remémorer tout ce parcours d’immigration qu’on a fait, les challenges que j’ai réussi (et ce questionnaire m’y aide pas mal au final à lister mes réussites merci!).

Je ne sais pas si j’aurai fait tout cela en restant en France! C’est ma petite victoire personnelle! 

Quelle est ta plus grande fierté dans ta vie d’expat?

MA plus grande fierté c’est d’être passée de simple touriste à bientôt Citoyenne Canadienne 😀

Je suis aussi fière d’avoir créé mon entreprise ici avec mon conjoint, de pouvoir faire découvrir aux Québécois leur propre ville grâce à la photo (grâce à Photowalk Montréal que j’ai créé il y a 2 ans).

De m’être intégrée et me sentir chez moi au Québec !

On me dit souvent que la vie d’expatriée n’est pas la « « vraie vie » ! Qu’en penses tu ? 

Alors je dirais surtout que ça dépend de où l’on est expatrié. Pour ma part je pense avoir une vie similaire aux autres : je travaille, je paie mes factures, je sors avec mes amis…

Je vis juste dans un autre pays, celui que j’ai choisi.

Si on est au Costa Rica sur une plage tout l’année, peut-être que ça ne révèle pas la vie « de monsieur tout le monde » mais peut-être que la personne rêvait de cette vie et qu’elle a eu le cran de se l’offrir.  Je pense qu’il y a sûrement un peu d’envie dans ce type de discours.

Chacun a la vie qu’il veut mener. Il n’y a pas de « vraie vie ». Qui décide de ce qui est la « vraie vie »?

Il faut juste se demander quelle vie nous rend heureux, qu’importe où est-ce !

Si tu devais donner UN SEUL ET UNIQUE conseil pour ceux qui ont envie de tenter l’aventure?

On a qu’une vie, si l’aventure de l’expatriation vous tente allez-y !

C’est une expérience qui mérite d’être vécue afin de s’ouvrir aux autres.

Si tu devais donner un commandement pour vivre à Montreal?

« Au Québec, chiales pas parce qu’il fait frette, attache don’ ta tuque avec d’la broche pi ça va ben aller! »

Si demain on te dit on recommence, tu changerais quoi?

Rien, je suis très fière de mon parcours d’expat 😛

On adore le mot de la fin ;-)! Merci Elodie, d’avoir pris le temps de repondre à mes questions. Si vous allez à Montréal et que vous aimez la photo hésitez pas à la contacter directement ici et de la suivre sur instagram son travail est remarquable ! Et bravo pour ton joli parcours, to be continued !

Son site internet

Instagram: @elodielepape ou @photowalkmontreal

Publié par

Mummy Parisienne et fashion expatriée récemment à Miami. Gourmande, bonne vivante et spontannée, j’adore découvrir et partager des bons plans. Ma devise " Souris à la vie, elle te le rendra". La quête du bonheur ne vous tombe pas du ciel, elle se cultive !

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