Portrait inspirant de Astrid, Expat-preneuse, slasheuse et enjoyeuse à Toronto

Aujourd’hui, je vous partage le portrait d’Astrid qui vit à Toronto et qui a choisi de vivre la vie qu’elle avait envie de mener. Comment ? L’expatriation, son blog, sa générosité, être à l’écoute des gens, lui ont permis de se ré-inventer professionnellement et d’entreprendre dans un pays qui n’était pas le sien. Tout n’as pas été simple évidemment mais encore une fois rien n’est impossible et elle nous partage son histoire.

Peux-tu te présenter en quelques lignes

Je m’appelle Astrid, j’ai 31 ans. Je suis Ardéchoise mais aussi de Valence. J’ai ouvert mon blog le 1 Juillet 2014, lorsque je suis partie vivre a Toronto. Depuis on peut dire que je suis devenue blogueuse/social media expert/speaker. Je suis créatrice de contenu, souvent rédactionnel par exemple pour des entités qui ont besoin de contenu en français mais n’ont pas toujours les ressources internes et je donne des workshops. Je m’occupe du blog aussi. En fait j’ai plusieurs casquettes professionnelles. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui « Slasheur »

Pourquoi es-tu expatriée?
Volonté ou fruit du hasard?

Je vis à Toronto depuis le 01 juillet 2014. J’y ai passé un an avant de rentrer en France. Je suis restée un peu plus de 18 mois en France et je suis repartie à Toronto en février 2017. Mon envie première c’était de passer un à l’étranger pour découvrir une nouvelle culture et apprendre l’anglais. Il n’y avait pas de plan après ça. Je ne me suis pas dit « okay on mise tout sur cette expatriation pour la suite de ta vie ».

J’ai saisi les opportunités sans pression. Si on m’avait dit tu vas rester 5 ans j’aurais sûrement paniqué haha.

 

Combien de temps pour t’intégrer à ta nouvelle vie?

Chaque année j’ai l’impression que j’ai plus avancé dans mon intégration ici mais si je dois parler d’une année charnière je dirais 2018 soit 4 ans plus tard. En fait, c’est l’année où j’ai vraiment commencé à avoir une certaine « stabilité »: un job dans mon domaine qui me plaisait, mon premier appartement seule, une vie sociale plus stable.
Après si on parle seulement de me sentir chez moi et d’avoir des repères ça été très rapide en quelques semaines j’étais déjà très attachée à Toronto.

Je pense vraiment que c’est propre à chacun tout dépend aussi si vous êtes en célibataire, en couple ou en famille. Mais pour bien s’intégrer dans une ville il faut s’y identifier au maximum et ne pas vouloir tout tout de suite car ca prend du temps, il y a souvent le 2eme effet « kiss cool » après l’euphorie de la nouveauté 😉

 

Ce que tu faisais avant ? Ce que tu fais maintenant? Et Comment t’es venu cette idée de devenir « entrepreneuse » ?

J’ai une expérience professionnelle un peu atypique: j’ai été commerciale terrain en France pendant 4 ans dont 3 dans le bâtiment.

J’ai ensuite créer le blog en arrivant au Canada et développer des compétences en marketing digital pour ensuite grâce à ma dernière expérience en entreprise devenir « productrice de contenu ».

J’étais en charge des photoshoots pour la boutique officielle des équipes de sports de Toronto (NBA, NHL, MLS). Je gerais  pour leurs réseaux sociaux, newsletters, billboards etc.
Aujourd’hui je suis « blogueuse »: je crée du contenu pour aider les français à Toronto sur mon propre blog, j’anime des ateliers en français à mon nom ou pour le compte d’organismes francophones autour de la vie professionnelle et l’intégration au Canada. Je travaille avec différents organismes francophones pour aider à promouvoir le français à Toronto, plusieurs projets sont encore en off pour le moment, mais ça avance.

L’idée m’est venue par la demande que j’avais autour de moi. Depuis 2015 je savais que je voulais à terme être à mon compte, je ne savais pas vraiment encore dans quel cadre. J’ai écouté ce que les gens me demandaient sur le blog, sur Instagram, les retours des mes potes. Le plan de restructuration dont j’ai fait partie fin juin a été le coup de pied nécessaire pour passer à l’étape supérieur et se dire: on y va pour de vrai maintenant !

Aussi excitant que ça soit c’est aussi un brin flippant de se dire: à partir d’aujourd’hui je vais créer la valeur directement pour me faire vivre.

Un conseil pour se lancer dans l’entreprenariat en tant qu’expat? En tant que femme

Je n’ai jamais eu la sensation d’avoir une pression particulière parce que je suis une femme mais je sais que ça peut être un frein pour d’autres.
J’ai eu la chance de grandir dans une famille d’entrepreneurs qui n’a jamais fait la différence entre les hommes ou les femmes, je n’ai pas grandi en pensant que ça pouvait être un « problème ».
J’ai la sensation qu’au Canada l’entrepreneuriat est à un stade plus développé qu’en France, la plupart des salariés ont une activité à côté qu’il espère ou non développer pour devenir leur activité principale. J’ai reçu beaucoup de soutien de la part des gens avec qui j’ai pu échanger depuis que j’ai décidé de me lancer dans cette aventure.

Je leur trouve moins de réserve et de crainte qu’en France et je dois dire que c’est agréable de se sentir soutenue.

Mon conseil serait de prendre le temps de savoir ce qu’on veut faire, d’accepter que c’est un process en mouvement, que rien n’est jamais sceller dans la pierre, qu’il faut savoir écouter les conseils mais aussi s’en détacher et se faire confiance.

Que de la même façon que lors de notre expatriation certaines personnes ont voulu nous transmettre leurs peurs il va falloir se protéger des gens qui voudraient faire la même avec l’aventure entrepreneur.

Faites vous confiance, renseignez vous, armez vous d’informations, échangez avec des personnes de confiance. C’est un sacré jeu d’équilibriste.

Et ton niveau d’English on en parle ? Es- tu bilingue ? D’ailleurs ton expression favorite de ton pays/ville d’accueil?

Oui aujourd’hui je suis aussi à l’aise en français qu’en anglais, je dois dire qu’avoir passer 18 mois à bosser pour les équipes de sports de Toronto dans un environnement 95% canadien a beaucoup aidé. Certains jours je ne parlais pas du tout français à part dans mes stories haha. Je fais toujours des fautes de grammaire, je galère avec la prononciation de certains mots mais comme je suis hyper ouverte à ce sujet et que j’en rigole avec mes potes canadiens je n’ai pas de pression. Je n’hésite pas à demander si je ne sais pas pourquoi on utilise telle ou telle expression.

Qu’est ce que tu apprécie le plus dans ton statut d’expat-preneuse ?

La diversité des projets, la souplesse des horaires c’est à toi de gérer ton temps de travail et ton business, tu es le seul maître de la situation. Par rapport au statut de salarié,  j’aime cette liberté de décider et d’apporter ma créativité, mes idées, mon petit « plus » avec mes clients VS mon entreprise ou j’avais du coup moins de marge et plus de directive. Mais j’avoue que la gestion du temps et la discipline qu’il faut s’imposer quand on travail de chez soi est un challenge de tous les jours.

D’ailleurs, comment gères-tu ton équilibre vie personnelle / vie professionnelle ?

Alors c’est un challenge, quand on aime ce qu’on fait et qu’en plus de ça on vit seule l’équilibre n’est pas toujours facile à trouver. Toronto est une grande ville très orienté business. Tout le monde bosse tout le temps. Je teste en ce moment les journées en coffee shop pour garder mon chez moi comme un espace de repos et l’extérieur comme un espace de travail. J’essaye aussi d’inviter mes amis les plus proches à mes événements pro les soirs de semaine pour partager cette aventure avec eux. C’est une aventure à 2 visages: hyper connectée avec tout le monde de par le blog mais aussi très solitaire. J’ai longtemps pensé que cette «solitude » me permettrait de me concentrer à fond, de ne pas me détourner de mes objectifs, je pensais que c’était difficile de concilier vie pro et vie amoureuse (je fais vraiment la nuance entre vie personnelle et vie amoureuse) à ce stade de ma vie pro et que débuter une relation en même temps allait me freiner mais ça s’est avéré avoir un impact hyper positif pour m’aider à mettre des limites, couper, dire stop et se donner des temps off.

J ‘essaye vraiment de ne pas m’étouffer dans cette nouvelle vie pour ne pas être dégoutée. Parce que je vois les choses sur le long terme, ne pas culpabiliser si j’ai envie d’aller boire un verre avec une amie un jeudi après midi. Parce qu’en tant qu’entrepreneur on est seul face à toutes nos décisions, tous nos choix et qu’on a choisi cette vie pour gérer nos horaires aussi. Ca ne veut pas dire bosser 80h par semaine non plus. Il faut apprendre à faire la balance.
Ça peut arriver évidemment, mais il me semble aussi essentiel de prendre du temps pour soi, pour ne pas se noyer et avoir le luxe de pouvoir le faire sans prendre de RTT ou de demander l’accord c’est assez grisant 😉

En tant qu’entrepreneur, on a besoin de se ressourcer, de passer du temps avec d’autres entrepreneurs, avec des gens qui vivent une vie avec les mêmes règles. Je sais qu’on entend toujours il faut en faire plus, plus plus, mais je crois que ces dernières années m’ont aussi appris à être productive plus qu’occupée.

Et sinon quelle a été la chose la plus difficile pour toi dans ton expatriation? Le chose la plus positive ?

La plus difficile c’est le manque de vie sociale au début. Quand on arrive seule dans une ville dont on ne maîtrise pas vraiment la langue et encore moins les codes sociaux c’est assez difficile. Je me souviens au début je parlais à tout le monde dans le métro, dans la rue. Je voulais des potes, je voulais partager cette aventure de dingue avec quelqu’un ! Comme je suis plutôt sociable et très bavarde j’ai rapidement crée un petit cercle, qui a évolué au fil des arrivées et départs, des mes envies. Aujourd’hui j’ai un groupe solide et je dirais que depuis presque 2 ans j’ai vraiment retrouvé mon niveau de vie sociale pré immigration. Ca correspond aussi au moment où j’ai enfin habité seule et que j’ai eu plus de liberté pour recevoir du monde à la maison qu’en coloc.

Ta plus grande fierté en tant qu’expat ?

Avoir crée ma vie professionnelle sur mesure.

Partir m’a permis de me réinventer et d’aller chercher des choses que je n’avais même pas imaginé. J’ai réussi en 5 ans à transformer mon profil de commerciale terrain dans le bâtiment à une professionnelle du digital. Sans parler des rencontres de dingue, des expériences de folie que j’ai vécu.
Des fois je me dis: et si tu n’étais pas partie ? Difficile d’imaginer.

Qu’est ce qui a changé le plus en toi entre la femme que tu étais avant de t’expatrier et la femme que tu es aujourd’hui?

En 2014, j’avais des idées et une vision de la vie que je voulais, je n’avais pas encore toutes les réponses. Je ne connaissais pas encore les chemins à prendre. J’avais 26 ans, je vivais mes premières années d’adulte indépendante après 3 ans en couple.
La différence c’est qu’aujourd’hui même si je n’ai toujours pas de plan précis d’où je vais, j’ai les idées bien plus claires et surtout je gère mon énergie bien mieux qu’à l’époque.
Avant je voulais être partout, tout voir, tout faire, je pensais déjà à la suite alors que je n’avais pas fini ce que je faisais.

Aujourd’hui je profites beaucoup plus de l’instant présent. Je dirais que la personne que je suis aujourd’hui est beaucoup plus équilibrée et en paix avec elle même. Je n’ai pas toutes les réponses mais j’en ai déjà plus.

Qu’est ce qui te manque le plus en tant qu’expatriée?

Les moments simples de la vie en France comme un apéro improvisé, une soirée en famille à jouer au Uno ou refaire le monde entre amis sur le canapé. C’est une culture différente et ici inviter les gens chez soi c’est moins courant, limite gênant pour eux.

Alors que moi je ne trouve rien de plus cool qu’un après midi canapé, gâteaux, chocolat chaud et papotages avec les potes (mes copains français l’ont bien compris et connaissent bien mon adresse pour un bon gâteau au chocolat haha)

Si demain on te dit on recommence, tu changerais quoi?

Rien !!!! Je fais partie des gens qui pensent que tout arrive pour une raison, si la vie jusqu’ici s’est passée comme ça c’est qu’il y a une raison.

Si tu devais donner UN SEUL ET UNIQUE conseil pour ceux qui ont envie de tenter l’aventure?

Soyez prêts à ne pas être prêts !

Ton leitmotiv de tous les jours en une citation?

C’est un peu glauque mais je dis souvent que tant qu’il n’y a pas mort d’homme rien n’est grave.

Un échec aujourd’hui est une leçon de demain. Je relativise beaucoup. Rien n’est définitif. Oser.

Merci beaucoup Astrid pour ce partage d’expériences, hésitez pas à la suivre sur les réseaux ci dessous et j’espère te voir bientôt à Miami pour un workshop 😉

Publié par

Mummy Parisienne et fashion expatriée récemment à Miami. Gourmande, bonne vivante et spontannée, j’adore découvrir et partager des bons plans. Ma devise " Souris à la vie, elle te le rendra". La quête du bonheur ne vous tombe pas du ciel, elle se cultive !

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